Magazine Gourmand



     


The European Gourmet

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LES GRANDES TABLES DE PROVINCE
  Ce mois-ci:
Lubéron: La Fénière à Lourmarin
Aubrac, Massif Central, Laguiole, Michel Bras
Bretagne: Cancale chez Olivier Rœllinger
Pays Agenais: Michel Trama
Château de Cordeillan-Bages, Thierry Marx

Les mois prochains:

Megève: Marc Veyrat et Fermes de Marie
Les Landes: Eugénie les Bains, Michel Guérard au Pré d'Eugénie
Morvan, Saulieu, Bernard Loiseau

LE LUBERON: La Fénière à Lourmarin

Une très belle page web de présentation de La Fénière

Site Officiel:
/www.reinesammut.com/fr

Reine Sammut a ouvert à Aix un superbe lieu:
le bistrot, la pâtisserie Pierre Hermé, le salon de thé,
la boutique de vins, ou encore « manger debout »,
mais aussi l’école de cuisine de Reine Sammut, épicerie fine, la galerie d’art et la librairie.
Le Passage
à Aix-en-Provence
10, rue Vilars-6bis rue Mazarine, derrière Place de La Rotonde.
Tel: 04 42 37 09 00 . Tlj

 

 

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Auberge La Fénière
Route de Cadenet B.P. 18
84160 Lourmarin
T: 04 90 68 11 79
Fax: 04 90 68 18 60
Mail
Web: http://www.reinesammut.com/fr

La Fénière à Lourmarin
"Au pays de rêve et royaume des arômes, Reine nous mijote une cuisine de cœur étonnante de saveurs et d'émotions où les traditions du passé sont ravivées avec bonheur."

Entre Reine Sammut et nous, n'en déplaise à son vigilant mari, s'est une histoire d'amour qui dure depuis déjà de très nombreuses années, alors qu'elle était encore installée, depuis 1975, sous les toits, dans une petite maison du beau village de Lourmarin.
Ayant acquis ses lettres de noblesse (GM 17 et * Michelin), La Fénière a maintenant emménagé une superbe demeure en plein cœur du Parc Régional.
Nous fûmes tout de suite conquis par les saveurs extraordinaires, que nous découvrions, de sa cuisine méditerranéenne au sens large du mot. Puisqu'étudiante en médecine, elle apprit la cuisine avec la mère de son mari, de Martigues, mais d'origine maltaise et sicilienne. Ajouter une touche provençale du Lourmarin de Reine et vous aurez là un cocktail gustatif qui explose de saveurs à chaque bouchée de chaque plat.
L'un des grands classiques, le Carpaccio de St Pierre à la graine de vanille, mériterait à lui seul le voyage. Mais de simples beignets de légumes deviennent grands, lorsqu'elle les prépare croquants avec une petite anchoïade maison, c'est à dire que pour plus de subtilités, son mari nous expliqua qu'il s'agissait d'une petite sauce légère faite avec des alevins d'anchois qu'un certain pêcheur leur amenait lui-même après les avoir pêchés le matin même. D'une délicatesse!!! Depuis, je ne peux plus apprécier une anchoïade normale…
Si Reine règne sur les cuisines, son mari, Guy, un grand gaillard brun volubile, vous accueille et dirige les opérations d'un œil expert, très pro, rien ne lui échappe.
Il est de plus passionné et intarissable sur les vins de leur belle cave.
Et Reine de dire que tout a commencé "par une histoire d'amour, de cuisine et de Provence, quoi donna naissance à La Fénière en 1975, dans une toute petite rue de Lourmarin. Aujourd'hui La Fénière est devenue Auberge de campagne. Au plaisir de la table s'ajoutent quelques chambres et une piscine pour prolonger la fête".
3 menus sont proposés: le 1er est à 46 € est assez terroir paysan et offre peu de choix.
Le 2ème menu était à 72€ avec un choix intéressant de dégustation.
Le 3ème menu propose pour 110 € une superbe dégustation des spécialités de Reine.
Il y a également un carte assez vaste où plat et entrée tournent autour 30-40 € et une carte de desserts à 16€. J'ai eu beaucoup de plaisir à goûter un superbe dessert:
Oranges et pain d'épice, qui est sous-titré plus justement Orange dans tous ses états…
Il s'agissait sur une très grande assiette de nombreuses compositions à base d'oranges: depuis les quartiers rafraîchis, d'un sorbet, d'une compote extraordinaire, d'un autre trônant sur une tranche de pain d'épice bien parfumé, à des peaux confites au sucre ou enrobées l'une au chocolat, l'autre au cacao… Un régal. Il y a aussi une superbe assiette tout chocolat!

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Les Grandes Garrigues
Route de Cadenet
84160 Vaugines
T: 04 90 77 10 71

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Le Moulin de Lourmarin
84160 Lourmarin
T: 04 90 68 06 69
Fax: 04 90 68 31 76

Reine et Guy Sammut viennent d'ouvrir La Cour de Ferme
Une ambiance chaleureuse et unique juste en contrebas de l'Auberge La Fénière,
un préau de ferme pur jus et une cuisine autour de la cheminée et de la broche.

Chaque soir, menu unique à 50 euros (entrée, plat, fromages, desserts, café et vin compris) ou la broche : agneau des Pyrénées, bÏuf de Simmenthal ou volaille de Bresse, tian de légumes et gratin dauphinois.
Fromages de chèvre frais, Mesclun du jardin et une table des desserts comme avant : poires au vin, churros, Paris-Brest et tarte aux fraises.

Si leur auberge-hôtel est complet (seulement 7 chambres,
chacune rendant hommage à une forme d'artisanat local),
vous pourrez habiter dans les nombreux autres établissements, autour du village.

Notre préféré est Les Grandes Garrigues, une vaste et jolie maison provençale sur un terrain de 11 hectares où des amis de Reine Sammut, Paule et Michel Mattei vous accueilleront comme des amis dans leurs 6 chambres d'hôtes. Demander la grande 5 ou la belle 6 de plein-pied avec chacune sa terrasse privée sur la grande piscine.

Signalons que Lourmarin dispose également d'un autre très bon établissement,
le Moulin de Lourmarin
avec un excellent jeune chef, Edouard Loubet (2 étoiles, 17 GM).
Une ambiance très différente de La Fenière puisque situé dans un hôtel élégant au centre du village avec une superbe terrasse intérieure.
Beaucoup d'ambition de recherche et rafinement dans la cuisine.

Nouveau en 2005:
Le Moulin va devenir le Comptoir d'Edouard: un bistrot campagnard confié à Eric Sapet
et le restaurant gastronomique ** d'Edouard Loubet est tranféré
à la Bastide Capelongue à Bonnieux, autre établissement familial à quelques kilomètres. Article complet à venir.

 
Aubrac, Massif Central, Laguiole, Michel Bras

 

 

 

Vous saurez tout en consultant
le très beau site de Michel Bras

Bel article sur site L'Internaute avec nombreuses photos

 

 

 

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Michel Bras
Route de l'Aubrac
12 210 Laguiole
T : 05 65 51 18 20
Fax : 05 65 48 47 02
web

Michel Bras à Laguiole
Sûrement un pèlerinage, un pèlerinage contemporain, laïc, dans la nature…
Pour aller chez Michel Bras, il faut d'abord cheminer, cheminer de longues heures par des petites routes qui traversent de belles campagnes…
Ensuite on arrive au village de Laguiole (prononcer Laïole), capitale de la coutellerie, là où Michel Bras a d'abord ouvert un petit restaurant et où son talent se révéla.
Puis on sort du village et la petite route nous fait pénétrer dans l'Aubrac, les vallons verdoyants se succèdent à perte de vue. Sur la gauche une indication, et on gravit une pente pour arriver en haut d'un des beaux vallons et l'on est saisi d'y découvrir quelque chose d'énorme et de transparent, comme la coque d'un vaisseau aux parois de verre, qu'une tempête aurait planté là.
Après avoir si longuement cheminé, on traverse le bâtiment principal et là, nouveau saisissement, en haut du petit chemin qui descend vers les chambres.
Tout autour de soi au loin, une vue des plus verdoyantes sur tous ces vallons que les différentes rangées de bâtiments de chambres, en contre-bas, ne viennent pas interrompre avec leur toit de verdure, et au centre, au loin, le village et son clocher.
Un réel émerveillement, une communion avec la nature…
Arrivé dans la chambre, d'un très grand confort, on est tout de suite frappé par le soin apporté dans la recherche des matériaux les plus naturels.
Et en ouvrant d'énormes baies vitrées on se retrouve de plein-pied dans l'herbe du vallon…

La cuisine prend ses racines dans le terroir de l'Aubrac et de l'Auvergne, mais a été complètement repensée, dépouillée de toutes fioritures inutiles, et parfumées par de nombreuses herbes inconnues fraîchement cueillies sur place. La philosophie du cuisinier inscrit sans cesse les mets dans leur lieu de création: l'Aubrac est la source majeure d'inspiration, il y a un accord profond entre les mets et la nature environnante.
La carte, que vous pouvez consulter sur le web, comporte un choix de plats très créatifs.

Les menus permettent de découvrir de nombreuses créations de la carte pour un prix convenu: Evasion&Terre pour 95 €: une entrée, un poisson, une composition de légumes, une viande (Côte de bœuf de l'Aubrac, un petit aligot, des fromages de région et une tarte.
Le menu dégustation Découverte & Nature à 152 € est somptueux.
On notera un grand classique: Le Gargouillou de jeunes légumes, relevé de graines germées et d'herbes champêtres.
Et encore: à croquer, le foie gras de canard au naturel ; un assaisonnement de datte, de citron & d'abricot, feuilles insolites & pistils de fleur.
Vous pouvez aussi consulter les menus sur le web.

Notons pour les plus économes qu'il existe un menu à déjeuner qui comprend plusieurs plats de la carte à un prix très avantageux.

Commentaires d'un de nos correspondants, suite à une visite récente (Eté 2005)
Nous avons été quelque peu déçus par la froideur de l'ambiance, et l'absence de chaleur de l'accueil. Mesdames Bras étaient bien là actives mais très timides. pas vu de Michel Bras...
Tous semblaient très réservés, ne manifestant pas d'émotions.
Après la longue route nécessaire pour arriver là-bas, un petit verre, un café auraient, à défaut, pu être une marque de bienvenue.
Nous prîmes le menu Découverte & Nature à 152 €. Arrivé à la salle à manger à 20h (car le salon était déjà complet), nous avons terminé le repas juste avant minuit !!!
De ce long repas, nous avons adoré l'amuse-bouche, une tarte aux cèpes exceptionnelle ainsi que le fameux Gargouilliou de légumes et herbes...
L e reste était bon mais ne nous a pas laissé un souvenir extraordinaire... Un peu décevant...
Les chambres à 273 € plus 22 € de petit-déjeuner, nous ont semblé bien chères.

Cancale, chez Olivier Rœllinger à la découverte des Maisons de Bricourt

 

 

 

Vous saurez tout en consultant
le très beau site
d'
Olivier Roellinger

 

 

 

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Olivier Roellinger
Maisons de Bricourt
1, rue Dugesclin
35260 Cancale
Tel: 02 99 89 64 76
Fermé mi-déc.-mi-mars
Et Lundi et Vend. à déj.
Et mardi et mercredi
www.maisons-de-bricourt.com

web

Chez Olivier Rœllinger à Cancale

Au centre de la charmante ville de Cancale et de son célèbre port,
Le restaurant : De grandes tables tournées vers l'extérieur, décoration d'inspiration coloniale avec une grande véranda.
L'ambiance : Beaucoup de calme et de sérénité, pour laisser place à la dégustation.

Le menu « Image du Pays Malouin » commence par l’extase totale avec l’exceptionnel homard au vin de xérès et cacao, à la cuisson parfaite et dont l’accord avec le cacao apporte une saveur minérale, presque terreuse, qui amène une certaine longueur en bouche, une légère amertume, et soutient à merveille sans le couvrir le puissant goût du homard ;
Et le sublime bar en cuisson douce aux huiles florales, au parfum divin et plein de délicatesse très riche en goûts qui se superposent sans se masquer.

A cela s’ajoutent d’autres délices :
Alliance osée du foie gras poêlé, de la fenouillette et de l’encornet, où la saveur anisée du fenouil assure la transition entre la rondeur du foie gras et le croquant de l’encornet, sans avoir à marier directement l’un avec l’autre.
Magnifique et gouleyante fraise et eau de rhubarbe, sorbet et cumbava.
Superbe plateau de fromages d'anthologie!!!
Et pour finir en beauté, un grog « invitation au voyage » et une infusion maison aux goûts épicés et saveurs tropicales.

Les petits détails contribuent aussi à la classe d’un tel établissement :
Un beurre délicieux, un poivre en grains surprenant.
Des plats somme toutes légers, dont certains pourraient trouver les portions dégustations un peu petites, mais qui laissent de l'appétit au moment d’arriver aux fromages.
Un Veuve Clicquot 96 pour une entrée en matière réussie mais une carte des vins encore à étoffer, très jeune dans l’ensemble et peu fournie en vins de la Loire voisine, ou vins du Sud.
Une addition plutôt raisonnable, loin des « coups de fusil » parisiens. On regrettera aussi l’absence d’un menu intermédiaire entre celui à 105 euros, déjà très beau, et celui à 150, qui ne justifie pas forcément un tel écart de prix.

En conclusion, Rœllinger est à coup sûr un des grands du patrimoine gastronomique français, et le meilleur dans sa catégorie, à savoir les produits de la mer, et l’art de les marier aux épices lointaines ; un artiste unique en son genre, qui mérite à lui seul le voyage, comme le faisaient à l’époque les corsaires malouins partis chercher aux antipodes les épices magiques qui font aujourd’hui le bonheur des hôtes de la Maison de Bricourt.
Article de vincent@thibaudat.com du 23/05/04

Un mot sur l'hôtellerie de la même maison.
Les Maisons de Bricourt s'étendent sur plusieurs sites:

"Les Maisons de Bricourt sont avant tout trois lieux de vie. Je suis né dans la première d'entre elles sur les hauteurs de Cancale, celle qui s'appelle vraiment la maison de Bricourt car elle fut bâtie en 1760 par la famille Heurtaut de Bricourt. C'est une « malouinière », une maison d'armateurs qui investissait dans la « course » vers l'Orient et ramenaient soieries, porcelaines, bois précieux et épices dans les murs de Saint-Malo.
Avec Jane, nous y avons installé le restaurant en 1982, avant d'acquérir les Rimains, une petite maison le long du chemin des amoureux, puis le Château Richeux au lieu dit « Le point du Jour ». Les gîtes marins, Grain de Vanille et l’Entrepôt Epices Roellinger ont été imaginés depuis pour enrichir notre aventure.
"
Chambres 160 à 280 € plus 2 appartements

Pays agenais . . . Michel Trama ou le magicien des 5 sens

 

 

 

 

 

 

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L'Aubergade - Hôtel :
les Loges de l'Aubergade

52 rue Royale 47270 Puymirol
Tél : 05 53 95 31 46
Web : www.aubergade.com

Chef : Michel Trama
18/20 Gault Millau
3 étoiles Guide Michelin
3 étoiles Bottin Gourmand
Relais Gourmand
2 étoiles Pudlo



Certes, installé à Puymirol, ville proche d’Agen, l’Aubergade n’est pas « géographiquement » le plus accessible de ses pairs... et dans un environnement où les activités touristiques phares de la région ne sont pas exactement mitoyennes, il est compréhensible d’afficher un soupçon de scepticisme aux portes du seul restaurant de cette renommée à plusieurs centaines de kilomètres à la ronde.

Une fois atteint, un large sourire de bienvenue, un léger rafraîchissement glacé, un cloître extérieur élégant, calme, et propice à la méditation gastronomique contribuent à détendre l’atmosphère avant le début des festivités ; car dès l’arrivée prometteuse des mises en bouche (dont la « tomate caramélisée » qui explose au premier coup de dent avant de fondre en bouche), le gourmet averti comprend que le lieu est définitivement « un cran au dessus », et la suite confirmera qu’il n’existe pas assez de superlatifs pour qualifier ce monumental festin, orchestré de main de maître par Michel Trama, un des plus brillants chefs de sa génération, et véritable magicien des cinq sens.

Interloqué par la justesse de cet avant-propos, la curiosité porte donc à choisir le Menu Gourmand, étalage de toutes les spécialités du chef (il faut dire que ce serait dommage d’être arrivé jusqu’à Puymirol et d’en rester au menu du marché - entrée, plat, et dessert de saison pour 76 € - qui ne vaut pas nécessairement le voyage). C'est le début d’une alchimie sensorielle qui s’opère tout au long d’une démonstration de très haut niveau :
• L’odorat, pour commencer, avec l’original « Mur des Senteurs » qui anime la devanture de l’établissement ; ou plus tard, avec la délicatesse de spécialités osées et inventées par Michel Trama comme le « Chou-fleur préparé comme un risotto aux morilles », crémeux et servi al dente ;
• L’ouie, éveillée par le croustillant du délicieux pain et des longs gressins maison, ou celui des célèbres cristallines (très fines lamelles de fruits ou de légumes, cristallisées et cassantes comme du verre, concentré de goût et régal pour les yeux) qui craquent autour d’un sorbet ou d’une mousse ;
• Le toucher de ces mêmes cristallines que l’on accommode à son gré à la « Variation sur des légumes », composition de sorbets et mousses de légumes d’été ; comme celui du « Croustillant de homard aux girolles », servis en bâtonnets à croquer et simplement panés, pour mettre en avant et respecter pleinement le délicieux produit et la fermeté de sa texture.
• La vue du coloré « Estofinado de morue Nouvelle Version », brandade revue et corrigée par Michel Trama, légère et aérienne en bouche ; une véritable œuvre d’art dans sa présentation.
• Et bien entendu le goût, plus particulièrement celui de la « Raviole de grosse crevette en émulsion de coco, fines lamelles de pomme verte et coriandre » tout simplement divine, probablement le plat le plus abouti de ce menu dégustation et notre préféré ce jour ; sans oublier le succulent et fondant « Foie gras chaud poêlé et caramel de carottes », ou les autres beaux produits aux cuissons parfaitement maîtrisées par une brigade devenue experte comme le « Pigeonneau rôti aux épices », la « Cocotte de cèpes au gros lard », ou l’« Agneau rôti parfumé au thym ».
Tous se confondent alors en osmose parfaite pour une dernière proposition talentueuse dans l’«Assiette de tous les Sens », une composition des quatre meilleurs desserts du chef, dont un vif et rafraîchissant sorbet et cristallines de pomme verte.

Autodidacte, cet ancien pizzaïolo (qui l’eu crut ?) a construit pas à pas l’aboutissement de toute une vie dévouée au service et au plaisir des convives de passage. En effet, au fil des ans, Michel Trama a forgé son style et son identité propre ; et en sus du beau terroir qui l’entoure, il a su glaner le meilleur de ses découvertes. On notera par exemple quelques influences asiatiques ; thaïlandaise lorsqu’il marie la crevette aux parfums exotiques de citronnelle-coco ; mais surtout japonaise, dans une réduction de sauce teriyaki rehaussant le pigeonneau ou les cèpes, eux même servis dans une « cocotte » en provenance directe du pays du soleil levant, ou de par la genèse même des cristallines, grâce à l’outil qu’il utilise pour trancher et confectionner ainsi ces merveilles. En guise de dernière pierre à cet édifice, il décide en 2001 de confier le relooking de son bijou au célèbre décorateur Jacques Garcia, coutumier des endroits branchés parisiens. Le résultat est feutré, cosy et coloré à l'intérieur, élégant et reposant dans le cloître extérieur inspiré de celui médiéval de Moissac. Il possède alors un joyau comme il en existe peu dans notre beau pays.

Comme dans tout établissement de cette renommée et de ce standing, mentions spéciales vont au service, ni une tablée de dix proche de la nôtre, ni même trois exigeants journalistes danois en tournée reportage ne sont venus perturber un service irréprochable et affable ; ainsi qu’à la carte des vins : une cave pléthorique, et heureusement si justement orientée en fonction des affinités de chacun vers l’accord idéal, du champagne aux plus grands bordeaux, et toujours respectueux de l’intensité et de la complexité des mets qui l’accompagnent.

La fin des réjouissances approche, et il persiste une interrogation : où est la faille ? comment certains guides peuvent-ils ne pas encore lui avoir attribué la note suprême ? que manque-t-il à la cuisine de Michel Trama, à l’établissement, au service ? vue de ma fenêtre, et témoin d’un seul jour, il est difficile de l’expliquer (espérons que la surprenante absence de fromages n’en soit pas l’unique raison). Sans aucune hésitation, l’Aubergade et la cuisine de Michel Trama nous auront laissé pantois, au même titre que celle d’un Michel Bras ou d’un Gilles Goujon, qui tous, chacun dans leur style propre, ont su rester fidèles à leur région et contribuent à porter haut la créativité, l’enchantement, la délectation, et le plaisir apporté par notre patrimoine culinaire ; et pour l’émotion qu’ils nous procurent, nous ne serons jamais assez redevables.
vincent@thibaudat.com

Menu Gourmand (Eté 2005) 150 €

• Mises en bouche
• La variation sur des légumes
• Le croustillant de homard aux girolles, beurre de persil simple
• La raviole de grosse crevette en émulsion de coco, fines lamelles de pomme verte et coriandre
• Estofinado de morue « Nouvelle version »
• Le chou fleur préparé comme un risotto aux morilles
Autre suggestion : Cocotte de cèpes au gros lard
• Le foie gras chaud poêlé, caramel de carottes
• L’agneau rôti parfumé au thym, tomates farcies semi confites
Autre suggestion : Le pigeonneau rôti aux épices
• L’assiette de tous les sens
• Mignardises
• Pains
• Vin ; Eau de fraise ; Café

 

Château de Cordeillan-Bages, Thierry Marx

 

 

 

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le très beau site
de Thierry Marx
Château de Cordeillan-Bages,

 

 

 

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Thierry Marx
Château de Cordeillan-Bages
Tel: 05 56 59 24 24
Fermé mi-déc.-mi-mars
Et Lundi, Mardi midi, Samedi midi.
Relais et Chateaux;
25 chambres 315-395€ et
4 suites 395-445€

web

Le cuisinier de l’année 2006 ne désemplit pas, et la terre entière s’y précipite. Plus de deux mois de réservation sont nécessaires aux curieux qui veulent accéder au Château de Cordeillan-Bages, pour avoir le privilège de goûter à la cuisine mystérieuse et magique de Thierry Marx, chef autodidacte et atypique.

Ici, rien n’est comme ailleurs ni conventionnel. Quelques unes des inventions du chef :
« Pressé d’anguille fumée « Terre & Estuaire », toasts de céréales et pommes acidulées »
Osé mais fabuleux, l’iode relève sans étouffer le foie gras ; la pomme qui recouvre le pressé d’anguilles équilibre le tout ; les toasts à tremper dans les céréales apportent un côté ludique.
« Thon fumé au foie gras, sorbet wasabi »
Magnifique palette de couleurs ; mélange de saveurs terre, mer, et d’ailleurs ; contrastes saisissants ; ensemble onctueux. Encore une œuvre d’art dans sa présentation
« Spaghetti au ris de veau, cèpes et truffes »
Un spaghetti sans fin couve un onctueux ris de veau crémeux qui explose et se répand qu premier coup de couteau sur le lit de cèpes sur lequel il est placé. Un régal.
« Fruits rouges semi-pris, canard jus nougat »
Parfaite harmonie de saveurs, de textures, de couleurs, sublimes accompagnements (poirette, trait de nougat, navet confit). Pour une fois le canard n’est pas inondé de sucre mais subtilement relevé par les fruits rouges qui stimulent le palais et rehaussent le goût du canard. Un plat à 19/20 sans équivoque.
« Filet de Blonde d’Aquitaine fumé aux sarments, pommes de terre confites et jus à quintessence »
Un plat des plus aboutis, mais aussi le plus marquant, sans doute celui dont on se souvient longtemps. Le bœuf juste saisi fini sa cuisson dans une enveloppe cellophane garnie de sarments ardents. Leur parfum imprègne en profondeur la surface de la viande et lui donne un goût fumé puissant relevé divinement par le jus de quintessence. Une immense intensité en bouche. Un régal pour les yeux comme pour les papilles.

 


Immense carte des vins, pouvait-il en être autrement, qui va des premiers crus classés qui ont reposé près d’un demi siècle à des vins méconnus sous les 40 euros (compter 30 € pour le Vieux Château Palon, Montagne Saint Emilion, 2003), même dans de vieux millésimes essentiellement bordelais comme le Château Caronne Sainte Gemme (35 € pour le 1978 et 37 € pour le 1981). Les prix demeurent dans l’ensemble très raisonnables et le jeune sommelier chef de salle, affable et passionné saura vous guider.

Et si ce n’était pas assez, le pain est si bon qu’il sert de boulangerie de référence pour toute la région. Le choix est large entre les pains traditionnels et les pains fantaisie comme celui à la tapenade (une friandise). Il s’accommode volontiers d’un beurre de brebis ou d’un avant beurre présentés sur le « chariot de beurre », je n’avais jamais vu cela !

Enfin, le déjeuner « créa » du dimanche est un must : Thierry Marx met ses convives au travail et leur demande leur avis avant de passer le plat sur la carte, et d’en faire peut être un des futurs classiques de demain.

Le titre suprême récemment décerné par le Gault Millau n’est pas usurpé, loin de là. Les jaloux trouveront toujours à redire, mais le nombre d’étoiles attribué à un restaurant n’est plus fonction du nombre de grains de caviar qui le constitue mais de l’intelligence des sens qu’on y a investi, et pour cela il excelle.

Article de vincent@thibaudat.com Eté 2006

Menu « dégustation » - 3 plats en demi, fromage, dessert (110 € / pers)

Quiche lorraine liquide
Pressé d’anguille fumée « Terre & Estuaire », toasts de céréales et pommes acidulées

Veau cœur de figue et figue éclatée
Spaghetti au ris de veau, cèpes et truffes

Agneau de lait de Monsieur Reyes cuisiné de trois façons, légumes préparés en cocotte
Filet de Blonde d’Aquitaine fumé aux sarments, pommes de terre confites et jus à quintessence

Tarte au citron déstructurée
Tagliatelles de pommes Granny, crème de cardamome, cubes cannelle et gingembre, granité citron vert

Champagne : Bruno Paillard 1990, cuvée Nec Plus Ultra (30 € la coupe)
Vin : Vieux Château Palon, Montagne Saint Emilion, 2003 (30 €)


Menu « créa » du dimanche - 3 plats, dessert (60 € / pers)

Thon fumé au foie gras, sorbet wasabi
Filet de maigre pulpe de poivron et pigne de pin
Fruits rouges semi-pris, canard jus nougat
Betterave confite, framboise éclatée dynamisante et meringue givrée au poivre Selim
Vin : Château Caronne Sainte Gemme, Haut Médoc, 1978 (35 €)


, Éric Westermann, le Buerehiesel à Strasbourg

Restaurant Buerehiesel
4 parc de l'Orangerie
67000 Strasbourg
Tél. : 03 88 45 56 65

Menus à 65 et 108 E

Après s'être retiré volontairement du Michelin et de ses 3 étoiles,
Avec son Buerehiesel, Éric Westermann veut aller à l'essentiel

Le nouveau chef du dernier 3 étoiles strasbourgeois préfère oublier le superflu.
Et pour passer un bon moment, nul besoin de liseré d'or sur les assiettes ou de couverts en argent.
Ce qui compte, c'est ce qu'il y a dedans. Ce postulat posé,
Éric Westermann veut "le même Buerehiesel, mais un peu différent".

Éric Westermann change très souvent la carte, en fonction des arrivages et des prix de ses fournisseurs.
Ces différences semblent plaire. Depuis la passation de pouvoir entre Antoine Westermann et son fils Éric, on a moins l'impression de se trouver dans une institution. Après les travaux, l'ensemble est plus aéré, moins de marbre, plus de bois, la verrière du Buerehiesel a été remaniée, avant d'autres travaux dans les 2 autres salles du restaurant.
Le menu affaires est à 35E. Tout cela, c'est la volonté d'un jeune homme, la trentaine souriante, Éric Westermann.
"Je ne veux pas que la qualité baisse. D'ailleurs, j'ai toujours les mêmes fournisseurs que mes parents.
Simplement, je veux que cet endroit soit plus accessible, martèle le jeune chef.

C'est pourquoi je propose aujourd'hui un menu à 65 E (entrée, poisson, viande, dessert), et que le menu dégustation est à 108 E au lieu de 158 E auparavant avec 7 plats." Originalité également sur la carte : on peut choisir de prendre de la truffe au poids en salle, et n'est plus systématiquement mêlée aux plats.
Autre changement, le site internet du restaurant, entièrement remanié et actualisé tous les jours. Éric Westermann change très souvent la carte, en fonction des arrivages et des prix de ses fournisseurs : "S'il n'y a pas de turbot lors de la pêche ou qu'il est trop cher, je sers un merlan. C'est aussi simple que cela."
Enfin, cet été, la terrasse sera rouverte. "Le restaurant est au milieu d'un parc.
J'ai décidé d'offrir à nouveau la possibilité de manger dans ce magnifique cadre."